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Arnaud Barentin, l'homme de la transformation | LETROT
INTERVIEW

Arnaud Barentin, l'homme de la transformation

25/03/2025 - GRAND FORMAT - 24H au Trot
Il est certainement le moins connu du triumvirat dirigeant la SETF aux côtés du très exposé Guillaume Maupas et de la communicante Valérie François. Et pour cause, il est le dernier arrivé. Arnaud Barentin est en place depuis un peu plus de deux ans seulement et, s'il se fait plus discret que ses deux homologues, il est pourtant au coeur de nombreux dossiers d'actualité. La prudence et la rigueur budgétaire avec pour but le maintien des allocations, c'est (notamment) lui. Le dossier de la concession de l'hippodrome de Paris-Vincennes ? C'est aussi lui. La gestion des accords d'entreprise ? C'est encore lui. En charge de la "transformation et des fonctions supports" comme le stipule officiellement son poste, ce Parisien quinquagénaire père de deux grands enfants nous livre son regard sur l'actualité.
Arnaud Barentin Arnaud Barentin - ©Scoopdyga
Arnaud Barentin avec Pierre Robert, Directeur d'HRM - ©Scoopdyga Arnaud Barentin avec Pierre Robert, Directeur d'HRM - ©Scoopdyga

"L’un des enjeux de mon recrutement est de repositionner la SETF en responsabilité sur l’intégralité de la gestion de l’Institution".

Avec quelle méthode ?
Le modèle économique n’a peut-être pas été remis en cause à certains moments. Aujourd’hui, on essaye de se poser la question quand on engage des charges de regarder ce qu’il y a en face en termes de produits pour s’assurer de la rentabilité du projet. En arrivant avec des yeux neufs, l’idée est d’être capable de remettre en cause des fonctionnements historiques. C’est un travail collectif, car seul je ne peux rien faire, avec Guillaume Maupas et Valérie François, ainsi que toutes les équipes de la SETF.

Pouvez-vous donner des exemples de transformation qui ont été réalisés ?
Je prends l’exemple d'Equidia devenue HRM. Depuis le début 2024, HRM a repris l’ensemble du périmètre de la partie vidéo qui était gérée par la SETF, notamment toute la régie de Vincennes. Par ailleurs, les nouvelles modalités d’organisation des flux entre les sociétés-mères et HRM ont été mises en place au 1er janvier 2024 afin de mieux responsabiliser chacun des acteurs dans la chaîne et donc intégrer dans le budget de chacun les dépenses liées à ses décisions.

Autre cas, historiquement, l’Afasec était financée par une partie du fonds des gains non réclamés. Depuis sept ou huit ans, elle est financée directement par les sociétés-mères avec la règle du 50/50, chaque société-mère finançant 50 % du déficit d’exploitation. Aujourd’hui, chaque société-mère paye son déficit propre. Par exemple, la SETF paye le déficit généré sur le site de Grosbois, là où France Galop paye le déficit sur ses écoles.


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Quelle est la philosophie de ces actions ?
La philosophie générale est de responsabiliser chacun des acteurs en fonction des décisions qui lui sont propres. Ce travail a été l’une des premières grandes missions auxquelles je me suis attaché depuis mon arrivée au sein de la SETF. On travaille avec l’ensemble des équipes pour être plus efficace dans notre nouvelle organisation, dans la dissociation de nos deux métiers, puisque l’on a le régalien d’un côté avec l’organisation des courses et, de l’autre côté, on est exploitant d’hippodromes et d’un centre d’entraînement avec des contraintes différentes. Nous gérons chacun de nos hippodromes comme une BU (Business Unit) avec un compte de résultat propre en s'attachant à développer de nouvelles recettes. Il faut qu’il y ait des dépenses et des recettes en face pour réussir à équilibrer le dispositif.

Existe-t-il d’autres actions qui relèvent de cette transformation ?
On travaille notamment sur le site de Grosbois. Grosbois est une pépite mais une pépite endormie. Aujourd’hui, cela représente un centre de coûts pour la SETF. Un des objectifs qui m’a été donné par le CA et par la Commission de Grosbois est de dessiner une trajectoire qui vise à atteindre l’équilibre des comptes en travaillant non pas sur le modèle des charges mais en développant de nouveaux produits. On travaille ainsi sur le projet de développement d’une nouvelle clinique qui changerait totalement de modèle et sur une ouverture beaucoup plus large du site pour développer les ressources, notamment sur la période estivale avec des activités touristiques, même si ce ne sera pas simple d’arriver à l’équilibre.

Avec quelles économies à la clé ?
Quand on fait tout cela, on ne fait pas des économies conjoncturelles mais des économies structurelles et ce n’est pas au détriment des investissements. Évidemment, avec le projet de renouvellement de la concession de Vincennes, ce n’est pas le moment d’investir des sommes énormes. Mais la situation financière de la SETF est très saine. Nous avons donc une capacité à se développer, à générer d’importants programmes d’investissement et à se projeter vers l’avenir.

©Scoopdyga - Equidia a été intégrée à HRM ©Scoopdyga - Equidia a été intégrée à HRM

3. Le renouvellement de la concession de l'hippodrome Paris-Vincennes

Vous parlez du renouvellement de la concession de Vincennes. Où en est-on justement ?
Nous remettons à la Ville de Paris l’offre finale de l’appel d’offres en vue du renouvellement jeudi prochain (le 27 mars). L’objectif est que le dossier puisse être présenté lors du prochain Conseil de Paris qui a lieu sur trois jours début juillet.


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Le chemin qui n’est pas terminé a déjà été long, n’est-ce pas?
Le sujet était tout en haut de la pile quand j’ai pris mes fonctions il y a un peu plus de deux ans. Dès le mois de janvier 2023, deux semaines après mon arrivée, j’ai eu ma première rencontre avec la Ville de Paris pour travailler sur le cahier des charges. On a plutôt bien fait les choses afin que ce cahier des charges soit exclusif pour l’exploitation des courses sur l’hippodrome, ce qui n’était pas gagné d’avance étant donné l’envergure du site de Vincennes. On a beaucoup œuvré avec les équipes de la SETF et le CA sur la manière d’avancer sur ce dossier. Depuis la première réunion, les membres du CA se sont emparés du sujet et ont compris les enjeux de la négociation sous-jacente.

"Depuis la première réunion sur le renouvellement de la concession, les membres du CA se sont emparés du sujet et ont compris les enjeux de la négociation sous-jacente." (Arnaud Barentin)

N'est-ce pas le rôle du Conseil d’Administration ?
Depuis 2024, on essaye de faire vivre un peu différemment le CA en le plaçant face à son périmètre de responsabilité et au bon niveau de décision. C’est d’ailleurs un point de satisfaction de voir le niveau d’interaction en son sein. Il y a un débat qui est sain, il y a un vrai travail commun et constructif. Moi qui connais bien le milieu associatif, je m’aperçois qu’en termes de compétences et de connaissances, le niveau est élevé. Ces échanges sont nécessaires pour construire quelque chose en commun.


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